Jeudi 13 mai 2027 à 18h30

Marion MULLER-COLARD
Résister à la déshumanisation.
Marion Muller-Colard est une écrivaine, théologienne protestante et directrice des éditions Labor et Fides. Titulaire d’un doctorat en Théologie, son parcours singulier l'a menée de l'aumônerie d'hôpital à la médiation pénale, avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Ancienne membre du Comité consultatif national d’éthique, elle construit une œuvre littéraire et philosophique reconnue, qui interroge avec une profonde humanité nos fragilités, le doute, la foi et le sens de l'existence. Loin des dogmes rigides, son approche libre, exigeante et lumineuse s'adresse à toutes les consciences, croyantes ou non. Une parole rare et inspirante.

Présentation de l’intervenant :
Repères bibliographiques :
L'Autre Dieu: La plainte, la menace et la grâce, Albin Michel, coll. « Poche », 2017
Le Complexe d'Élie, Genève, Labor et Fides, 2016
L'Intranquillité, Paris, Bayard, coll. « J'y crois », 2016
Éclats d'évangile, Paris, Bayard & Genève, Labor et Fides, 2017
Le plein silence, Genève, Labor et Fides, 2018
La vierge et moi, Paris, Bayard, 2019
L'éternité ainsi de suite, Genève, Labor et Fides & Paris, Bayard Culture, coll. « Petite bibliothèque de spiritualité », 2019,
Les Grandissants, Labor et Fides, 2021
La vie funambule, Bayard, 2023
Croire, qu'est-ce que ça change ?, Genève, Labor et Fides, 2025
L’intervention :
Résister à la déshumanisation.
La déshumanisation n’est pas seulement un phénomène spectaculaire : elle prend des formes multiples et souvent ordinaires. Elle peut être éthique, lorsque certains principes de dignité et de droits reculent, ou lorsque l’on réduit des personnes à des catégories commodes. Elle peut aussi être mécanique, quand nos interactions sociales, administratives ou professionnelles disparaissent derrière des systèmes automatiques, des procédures impersonnelles, et des décisions sans visage.
Dans cette conférence, Marion Muller-Colard propose de comprendre comment ces deux dimensions — l’effacement de l’humain dans les pratiques et l’effritement des droits dans l’espace public — peuvent se renforcer mutuellement. Elle mettra en lumière des mécanismes concrets : ce qui se joue quand on ne reconnaît plus l’autre comme un interlocuteur, quand le dialogue cède la place à la gestion, et quand la responsabilité se dissout dans la technique.
Mais la conférence n’est pas seulement diagnostique : elle s’ouvre sur des pistes de résistance inspirées de ses engagements et de son expérience d’éditrice. Comment préserver la dignité, réouvrir la possibilité de la rencontre et défendre l’idée que l’humain doit rester au centre — même quand tout pousse à s’en passer ?
